septembre 15 2016

Once upon a time – Chapitre 2

Le ciel était décidemment très clément en cette saison. Un soleil brillait de mille feux au dessus de la prairie verdoyante. Les herbes carressaient son dos alors qu’assise dans l’herbe, le gobeline massait son pied droit. La journée avait été rude et les chaussures commençaient à être usées. L’entrée de la ville était juste là, à quelques centaines de mètres devant elle. Une entrée qui donnait un avant goût de la beauté de la ville, animée par la magie et faisant s’élever dans les airs de nombreuses plateformes rondes ornées de pierres lumineuses.

Après avoir remis sa botte, elle s’avança émerveillée vers l’un de ces socles magique. Avec méfiance, elle monta dessus. Tous ses organes semblèrent se soulever quand elle se sentit s’envoler. Elle écarta les bras et emplit ses yeux de la beauté du monde qu’elle pouvait contempler depuis si haut. Le sentiment de liberté l’envahit. Le paysage se révélait devant elle. Elle contempla tout ce qui avait été son passé. L’ascension sembla durer des heures tellement le temps s’était arrêté. Elle fit entrer le maximum de lumière dans son regard et plongea dans la ligne d’horizon. Toutes ces terres encore inconnues la fascinaient. Tellement de mondes à découvrir, tellement de cultures à apprendre. Sa vie ne serait sûrement pas assez longue pour connaître une infime partie de la réalité de son monde.

Les cheveux flottant au grès du vent, la plateforme montait, éloignant avec l’altitude tout ce qui s’était écrit sur les pages de la vie de la gobeline. Le coeur léger, elle commençait à apercevoir ce que serait sa demeure pendant quelques jours. Les rayons du soleil se réfractaient sur les cristaux flottant au dessus des plus hautes tours de la ville. Une ville telle un bijou, symbole de prospérité et paix entre les peuples.

Lorsque le mouvement de la plateforme se stabilisa, elle senti le poids de sa condition revenir sur ses épaules, comme une gravité soudain devenue insoutenable. Elle était seule dans son voyage et entrait désormais dans la citée. Le brouhaha des habitants régnait comme un bourdonnement incessant. Elle manqua de se faire écraser de nombreuses fois par les êtres immenses qu’elle croisa. La sensation d’être dans une fourmilière, tous ayant un rôle, une activité importante à réaliser. Le mouvement était intense et presque étouffant. La ville était en ébullition. Visiblement, l’appel du chef de guerre avait été entendu et les combattants venaient de tous les horizons. De nombreux marchands s’étaient installés dans les rues, essayant de profiter de l’activité pour s’enrichir.

Les odeurs des plats embaumaient les ruelles et les forges fonctionnaient à plein régime. On entendait résonner les bruits de fer chaud juste battu et les lames affûtées prêtes à embrocher des êtres à peine adultes. Après de longues minutes de marche à travers les boyaux de la cité, elle apperçût enfin le symbole de la pierre de foyer sur un morceau de bois au dessus d’une porte lourde et travaillée, ornée de gravures. L’odeur du bois ancien rendait l’endroit chaleureux et propice à un repos bien mérité. Elle posa ses doigts sur le comptoir et se mit sur la pointe des pieds.

« Bien le bonjour aubergiste, est ce qu’il te reste une chambre ? »
L’elfette se pencha et observa la gobeline. Ce n’était pas courant de voir les gobelins quitter leur territoire. Ces êtres vivaient en autarcie depuis des siècles et malgré leur alliance à la Horde, ils s’étaient toujours comportés en êtres vils et égoïstes. Le sourcil levé, l’elfette haussa les épaules et se tourna face à son tableau de clefs. De là où était la gobeline, toutes les clefs étaient identiques. Ces morceaux de métal lourds et imposants ne devaient pas assurer une grande sécurité au vu de leur forme. Sans doute était ce plus par tradition que par sécurité que l’auberge continuait de les utiliser.

Une fois la clef en main, la gobeline gravit une à une les marches de l’escalier en bois. Elle ouvrit sa chambre et lança son sac sur le lit. Après avoir enlevé ses bottes et regardé encore quelques minutes la rue grouillante, elle s’allongea dans les couvertures et s’assoupit.



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Ecrit 15 septembre 2016 par Madame Crustacé dans la catégorie "Mes "Il était une fois" à moi

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